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Communiqué : Le Spectacle vivant en grand danger !

Pierre Aimar

Le spectacle vivant sera le plus touché de tous les secteurs économiques suite à cette crise sanitaire sans précédent « ... Les entrepreneurs de spectacle vivant ont été les premiers à devoir cesser toute activité et seront les derniers à pouvoir reprendre une activité normale… »

Ce secteur est très fragilisé car il a subi de plein fouet ces dernières années les attentats de 2015, les grèves et les mouvements sociaux et notamment celui des gilets jaunes.
De plus en plus de voix dont je fais partie pensent qu’une reprise de l’activité normale des entreprises du spectacles ne pourra pas avoir lieu tant qu’un vaccin ne sera pas trouvé. On parle donc d’un possible retour au Printemps 2021 au minimum.

Comment envisager alors des reports, de nouvelles mises en ventes de spectacles, sans avoir l’assurance que l’épidémie est derrière nous et que le spectacle est en sécurité quand il viendra voir des spectacles ?
Comment réagira le public ? Reviendra-t-il dans les salles et festivals dont les modalités de réouverture ne sont toujours pas connues ?
La crise économique qui va suivre cette crise sanitaire impactera fortement aussi le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Le public sera-t-il au rendez-vous ?

Un rapport de l'Inserm préconise une réouverture des théâtres et lieux de spectacles avec des mesures de distanciation sociale impliquant une forte réduction des jauges public.
Comment trouver alors un équilibre économique dans ces conditions d’accueil tout en respectant les mesures sanitaires et la sécurité du public ?

En attendant les annonces de notre président demain soir, l’aide au secteur culturel s’élève à 10 millions d’euros ( CNM ) alors que l’étude d’impact de notre syndicat PRODISS montre que le secteur a déjà perdu 600 millions d’euros jusqu’au 31 mai 2020 … C’est sans compter la période estivale qui est la plus importante de l’année. Ce sont donc plusieurs milliards d’euros qui sont perdus sans aucune date de reprise de l’activité à ce jour.

Le chômage partiel pour les entreprises du secteur est une mesure applicable pour quelques mois seulement car il coûte de l’argent sans que celle-ci puisse avoir de recettes en face essentiellement composée par la billetterie des spectacles à l’arrêt depuis le 1er mars 2020.
Nos situations, celle de nos salariés, et celles de centaines d’intermittents du spectacle vont vite devenir intenables si le gouvernement et les collectivités locales ne réagissent pas faisant tomber ainsi tout un pan de notre économie et de ce fait la disparition de notre culture du spectacle vivant reconnu dans le monde entier

Il faut que le gouvernement s’engage donc de toute urgence pour :
- Un plan d’aide massif pour la culture et les entreprises du spectacle vivant pour les deux prochaines années pour sauver un secteur qui fait vivre 1, 3 million de personnes en France avec plus de 43 milliards d’économie directe crée par ce secteur qui contribue 7 fois plus au PIB de la France que l’automobile
- Une exonération totale des charges sociales patronales ainsi que celles des dirigeants non-salariés sur la période du 1er mars 2020 au 31 décembre 2021.
- Un plan de relance au niveau régional notamment grâce à des commandes publiques des collectivités locales pour maintenir l’emploi et aider à relancer le spectacle vivant dans nos régions, département et communes.
- Le maintien de tous les paiements des marchés publics et subventions en 2020. La promulgation de la loi d’urgence du 23 mars 2020 permet aux collectivités locales de régler les subventions, les commandes publiques alors même si le service n’a pas été fait.

Article FNCC : Levée de la “clause du service fait” pour les collectivités locales : quel impact pour l’EAC et les spectacles annulés ?

C’est en ce sens que j’ai écrit tous les élus du département pour qu’ils garantissent les subventions de fonctionnement aux festivals, structures locales et le règlements de marchés publics actés cette année pour soutenir le milieu du spectacle local qui en aura grand besoin.

- La promulgation d’une année blanche pour les 270 000 intermittents du spectacle en France qui leur permettra de garder leurs droits pour surmonter cette crise qui va durer des mois sans qu’ils puissent travailler.

Le monde du spectacle vivant et de la culture en France est et sera fortement touché pendant des mois, c’est une situation inédite et dramatique à laquelle nous devons tous faire face.

J’ai une pensée forte pour l’ensemble du secteur associatif, culturel et événementiel avec lesquels nous sommes solidaires et bien sûr l’ensemble du corps médical et les travailleurs qui sont en première ligne.
En attendant de pouvoir se retrouver, prenez soin de vous et de vos proches
Gil Marsalla, Producteur, Dirigeant fondateur Directo Productions
Délégué Régional du PRODISS ( Syndicat des producteurs de spectacle en France )


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