Sortir ici et a

Musée Soulages, Rodez : Gilles Barbier - Machines de production, du 18 décembre 2020 au 16 mai 2021

Pierre Aimar

Né en 1965 à Port-Vila (anciennement les Nouvelles-Hébrides, actuellement le Vanuatu), Gilles Barbier est un artiste polyphonique dont la personnalité, comme celle d’Erik Dietman, va au-delà des pratiques contemporaines.

Gilles Barbier est un touche-à-tout réalisant des sculptures, des dessins, des collages, des installations de grand format. Son œuvre s’articule sur la notion de doute et les possibilités d’existences, associant des lieux communs et des images scientifiques, écorniflant les personnages culte, les super-héros notamment. Il parle « d’espaces médiagéniques », si l’on préfère d’univers médiatiques génétiquement modifiés. La logique et les connaissances sont passés au tamis du burlesque d’une logique sens dessus dessous.

Gilles Barbier a commencé par recopier des pages de dictionnaire (textes et illustrations). Ensuite, il s’est distingué par la fabrication de clones en cire à sa propre image, mannequins articulés jouant des saynètes absurdes et spectaculaires. On a justement pu parler à propos de Barbier de son intérêt pour la science-fiction ou la bande dessinée, mais il me semble être plus proche du Flaubert de Bouvard et Pécuchet (stérile et frénétique appétit d’apprendre), du Rabelais de Pantagruel et Gargantua (flatulences, outrances, dérives langagières) voire du philosophe Deleuze pour la multiplication du soi renvoyant à la schizophrénie comme moteur existentiel. Dans l’œuvre de Gilles Barbier, le contenu littéraire et la tension romanesque se tiennent proches de la farce.

On parle d’un monde parallèle, d’humour dégrippant, d’une saine ardeur comme d’un effondrement perspectif. Un nouveau monde qui s’annonce dans la dérision et la démonstration.

Pour le musée Soulages, Gilles Barbier va rassembler cinq grandes installations dans la salle d’exposition temporaire, mais aussi dans l’accueil : l’Orgue à pets, la Boîte noire, le Jeu de la vie, Le Terrier. Des pièces monumentales, déjà, célèbres, auxquelles s’ajoute la production spécifique d’une installation rappelant les premières images du film 2001 Odyssée de l’Espace (Stanley Kubrick) : des chimpanzés perplexes, agités, surpris par la chute d’un objet non identifié. En quelque sorte un retour aux Origines.

La production est faite pour le musée Soulages. Les œuvres déployées dans l’espace sont rassemblées sous la dénomination des Machines de production, manifestations d’un travail – celui de l’œuvre, celui de l’artiste –, entre intelligence artificielle et automates.
Après le bleu de l’œil de Claude Lévêque en 2015 et Pixels Noir Lumière de Miguel Chevalier en 2019, Gilles Barbier et ses Machines de production affirment la vocation contemporaine du musée Soulages, sa mission de présenter des artistes différents.
Un catalogue est produit à l’occasion de cette exposition ; des conférences seront tenues ainsi que des visites guidées, avec des médiateurs (notamment en direction des jeunes publics qui sont dans l’univers Manga ou Heroic Fantasy).

Gilles Barbier est représenté par la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris. Il a été présenté lors d’expositions personnelles, en France, aux Etats Unis, en Autriche, au Pays-Bas, en Allemagne…

« J’essaie d’alcooliser le langage ; j’essaie de le bourrer, le faire brouter, le mâchouiller. Dans mes dessins ou mes sculptures j’aime l’idée d’émulsion » G.B.
Benoit Decron, conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée Soulages Rodez

Pratique
EPCC MUSEE SOULAGES, RODEZ
Jardin du Foirail - Avenue Victor Hugo
12000 RODEZ

www.musee-soulages-rodez.fr


Commentaires (0)
Nouveau commentaire :


Edité par Sortir ici et ailleurs
N° Siret : 830 705 273 00019
8, allée des Marronniers - 07500 Guilherand-Granges
Directeur de la publication : Pierre Aimar